Recyclage des emballages : carton ou plastique, que disent vraiment les chiffres ?

Le carton est-il toujours mieux recyclé que le plastique ? À première vue, les chiffres semblent donner un net avantage au papier-carton. Mais cette comparaison doit être faite avec prudence.

Un emballage recyclable n’est pas nécessairement recyclé. De même, le recyclage matière ne doit pas être confondu avec l’incinération ou les autres formes de valorisation énergétique.

En France, un écart important entre papier-carton et plastique

D’après les données 2025 publiées par Citeo en juin 2026, les taux de recyclage des emballages ménagers atteignent :

  • 83 % pour le papier-carton ;
  • 30 % pour les plastiques ;
  • 73 % pour l’ensemble des emballages.

Ces résultats concernent le périmètre des emballages ménagers pris en charge par Citeo et Adelphe.

Citeo indique parallèlement que 75 % des emballages en plastique sont recyclables. La différence avec les 30 % effectivement recyclés rappelle qu’un emballage recyclable n’est pas nécessairement collecté, correctement trié puis effectivement recyclé.

Source : Citeo, chiffres 2025 publiés le 18 juin 2026

À l’échelle européenne, le plastique progresse mais reste en retrait

Selon Eurostat, 42,1 % des déchets d’emballages en plastique produits dans l’Union européenne ont été recyclés en 2023. Ce taux était de 38,2 % en 2013.

Les résultats restent cependant très différents selon les pays :

  • Belgique : 59,5 % ;
  • Lettonie : 59,2 % ;
  • Slovaquie : 54,1 % ;
  • France : 25,7 %.

Contrairement aux données Citeo citées précédemment, ces statistiques européennes englobent les emballages provenant de l’ensemble de l’économie : ménages, entreprises et administrations. Les deux taux français ne portent donc pas exactement sur le même périmètre.

Source : Eurostat, données européennes 2023 sur les emballages en plastique

Pourquoi les comparaisons internationales peuvent être trompeuses

Le Japon est régulièrement présenté comme valorisant près de 90 % de ses déchets plastiques. Pour 2023, le Plastic Waste Management Institute japonais annonçait effectivement un taux « d’utilisation effective » de 89 %.

Mais ce total se décomposait ainsi :

  • 22 % de recyclage mécanique ;
  • 3 % de recyclage en matière première ou feedstock recycling ;
  • 64 % de valorisation énergétique ;
  • 11 % sans valorisation.

La majorité des déchets plastiques comptabilisés dans ce taux de 89 % a donc fait l’objet d’une valorisation énergétique. Cette pratique peut éviter une mise en décharge, mais elle ne correspond pas au recyclage matière tel qu’il est comptabilisé dans les statistiques européennes.

Cette donnée japonaise concerne par ailleurs l’ensemble des déchets plastiques, et pas uniquement les emballages. Elle ne peut donc pas être directement comparée aux taux français ou européens portant spécifiquement sur les déchets d’emballages.

Source : Plastic Waste Management Institute, données japonaises 2023

Carton ou plastique : il n’existe pas de réponse universelle

Les taux nationaux donnent une indication sur la performance globale des filières. Ils ne suffisent cependant pas à déterminer la recyclabilité d’un emballage particulier.

Un emballage en papier-carton n’est pas automatiquement recyclable

Un emballage majoritairement composé de fibres peut également comporter :

  • une couche plastique ;
  • une barrière contre l’humidité ou les graisses ;
  • une fenêtre ;
  • des colles ;
  • des encres ou des traitements particuliers.

La présence de ces composants impose d’examiner la structure complète de l’emballage et sa compatibilité avec la filière de recyclage concernée. La seule mention « emballage carton » ne permet donc pas de conclure automatiquement à sa recyclabilité.

Un emballage mono-résine en plastique peut être recyclable

Pour les emballages en plastique, l’utilisation d’une résine disposant d’une filière de recyclage peut faciliter le traitement de l’emballage. Mais le caractère mono-résine ne suffit pas à lui seul.

Les autres composants — opercule, couvercle, étiquette, colle, colorant, barrière ou additif — ne doivent pas perturber le tri ou la régénération de la matière principale.

Les recommandations du COTREP varient ainsi selon la forme de l’emballage, la résine employée et les éléments qui lui sont associés.

Source : COTREP, guide de recyclabilité des pots et barquettes en plastique, janvier 2025

Les critères à examiner avant de choisir un emballage

Le choix ne devrait donc pas se limiter à une opposition entre carton et plastique. Il faut notamment examiner :

  1. la quantité totale de matière utilisée ;
  2. la protection nécessaire au produit ;
  3. la composition complète de l’emballage ;
  4. sa compatibilité avec les systèmes de tri ;
  5. l’existence d’une filière de recyclage dans le pays de commercialisation ;
  6. la séparabilité de ses différents composants ;
  7. les justificatifs techniques fournis par le fabricant.

Dans certains cas, un emballage simple en papier-carton sera la solution la plus facilement recyclable. Dans d’autres, un emballage plastique mono-résine correctement conçu pourra être préférable à une structure complexe associant plusieurs matériaux difficilement séparables.

En conclusion

Les chiffres français montrent que les emballages en papier-carton bénéficient actuellement d’un taux de recyclage nettement supérieur à celui des emballages en plastique.

Ils ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’un matériau est systématiquement préférable à un autre. La solution doit utiliser la juste quantité de matière, protéger correctement le produit et s’intégrer réellement dans une filière de tri et de recyclage opérationnelle.

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